Très contagieuse, la grippe touche chaque année entre 2 et 7 millions de personnes en France. Bien plus pénible qu’un simple rhume, ce virus peut entraîner des complications sévères chez les personnes âgées ou fragilisées. Pour elles, un même geste s’impose tous les ans à l’approche de l’hiver : la vaccination.
Mal de gorge, rhume, fatigue : chaque hiver amène inévitablement avec lui son lot de petits désagréments. Il faut néanmoins distinguer ces « symptômes grippaux », le plus souvent bénins et passagers, de la vraie grippe, beaucoup plus nocive. « Celle-ci peut prendre tous les masques cliniques, aussi est-il parfois difficile de la diagnostiquer, reconnaît le Dr Jean-Marie Cohen, coordinateur du réseau des Groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog). Mais en général, elle s’accompagne de fièvre et survient brutalement. C’est une véritable tornade immunitaire, qui vous met sur les genoux une bonne semaine, voire plus. »
Chez les personnes âgées ou fragilisées par certaines pathologies chroniques (diabète, problèmes respiratoires, maladies du cœur), cette infection respiratoire très contagieuse, qui se transmet essentiellement par les sécrétions émises en toussant ou en éternuant, peut entraîner des complications particulièrement sévères. Quelques centaines de décès lui sont attribués chaque année en France, dont 90 % concernent les plus de 65 ans.
La grippe n’est cependant pas une fatalité. L’hiver venu, lorsque le froid nous retient dans des lieux confinés, certaines mesures de précaution s’imposent. Pour éviter de transmettre la maladie, il est conseillé de se laver consciencieusement les mains plusieurs fois par jour, de porter un masque sur le nez et d’éviter les visites à des personnes fragiles. D’autant qu’on est contagieux plusieurs jours avant de tomber malade et jusqu’à cinq jours après !
Le vaccin, un geste sûr
Contre la grippe, la vaccination reste néanmoins la protection la plus efficace. Accessible à tous à partir de l’âge de 6 mois, elle est surtout recommandée aux personnes fragiles. « Les individus en bonne santé qui désirent se prémunir contre la maladie, pour des raisons professionnelles par exemple, peuvent aussi se faire vacciner, précise le Dr Cohen. Mais il faut savoir que le vaccin n’empêche pas d’être infecté par le virus. Il limite simplement, de façon très significative, la gravité des complications. »
En général bien tolérée, la vaccination n’est contre-indiquée que dans de rares cas, comme l’allergie à l’œuf. Si l’on ajoute qu’elle est gratuite pour tous les sujets à risque, il n’y a donc pas à hésiter. Rappelez-vous cependant que pour être efficace, elle devra intervenir avant le début de la saison grippale – idéalement dès le mois d’octobre – et être renouvelée chaque hiver. Le virus de la grippe se modifie en effet tous les ans, et la composition du vaccin avec lui.
« Pour moi, c’est devenu un réflexe, raconte Denise, 72 ans, retraitée alerte. Dès que je reçois le courrier de la Sécu, je me fais vacciner. Tous les hivers, j’emmène mes petits-enfants à la montagne. Je ne veux pas renoncer à ce plaisir ! »
Si toutefois vous avez manqué le coche vaccinal, pas de panique ! Votre médecin pourra vous prescrire des antiviraux, pour réduire la durée des symptômes et limiter l’apparition de complications. Mais attention ! Ces médicaments ne seront vraiment efficaces que s’ils sont administrés dans les 48 heures suivant l’apparition des premiers symptômes, ou de façon préventive, après un contact avec une personne infectée.
Dans tous les autres cas, le traitement de la grippe se limitera à garder le lit et à boire beaucoup, en prenant éventuellement des médicaments symptomatiques, notamment pour faire baisser la fièvre. Inefficaces contre les virus, les antibiotiques, quant à eux, ne seront utilisés qu’à l’apparition d’éventuelles complications.
Des virus sous haute surveillance
La grippe est due à trois catégories de virus, les Influenzae A, B et C, qui évoluent sans cesse. On assiste d’une part à des « glissements » antigéniques, qui entraînent des modifications mineures du virus, mais imposent un changement régulier des souches vaccinales. On remarque d’autre part des « cassures », qui provoquent l’apparition d’un virus totalement différent et qui peuvent engendrer des pandémies.
Face à la grande instabilité des virus grippaux, une surveillance s’impose. En France, celle-ci est assurée par deux réseaux, dont l’objectif est la détection précoce des virus en circulation, le signalement du début de l’épidémie et le suivi de son évolution. Les groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog) recueillent ainsi, d’octobre à avril, des données sanitaires auprès de médecins généralistes, de pédiatres et de pharmaciens répartis sur tout le territoire ; ils effectuent des prélèvements virologiques. Le réseau Sentinelles rassemble, quant à lui, quelque 500 médecins libéraux, qui signalent les patients souffrant de syndromes grippaux.
Le vaccin : gratuit pour qui ?
Le vaccin contre la grippe est gratuit pour les personnes de 65 ans et plus et pour les sujets, adultes ou enfants, atteints de certaines affections de longue durée, comme le diabète ou l’insuffisance respiratoire grave. Depuis 2006, la prise en charge à 100 % est élargie aux personnes qui souffrent d’asthme ou de broncho-pneumopathie chronique obstructive, aux enfants et adolescents dont l’état de santé nécessite un traitement prolongé par aspirine et aux personnes qui séjournent dans un établissement de santé de moyen ou long séjour, quel que soit leur âge.
Un bon de prise en charge leur est adressé automatiquement par l’assurance maladie chaque automne. Il suffit de le remettre à son médecin traitant, qui prescrit le vaccin si nécessaire.
Pour plus de renseignements, consultez le site : www.ameli.fr
Ne dites plus « grippe intestinale » !
Comme tous les pays européens, la France connaît chaque année une épidémie hivernale de gastro-entérite aiguë. Souvent d’origine virale, cette infection de l’estomac et de l’intestin n’a rien à voir avec la grippe saisonnière, causée par les virus Influenzae. Même si certains cas de grippe peuvent s’accompagner de troubles intestinaux, c’est donc à tort que l’on parle de « grippe intestinale ».