Pour être en forme à l’école, un enfant doit bien dormir. Cette étape, essentielle à son développement, est malheureusement trop souvent malmenée par le rythme familial ou par différents troubles. Premier conseil : veiller à ce que l’enfant se couche tôt.
Indispensable pour chacun d’entre nous, le sommeil revêt une importance particulière chez l’enfant. « Durant les phases de sommeil profond, l’enfant sécrète l’hormone de croissance essentielle à son développement physique. Dormir contribue également au développement psychique : le sommeil
paradoxal permet d’organiser et de mémoriser les informations acquises durant la journée, les rêves aident à régler les conflits », explique Sophie Tingry, médecin généraliste.

Pourtant, pendant l’année scolaire, de nombreux enfants ne dorment pas bien. Sylvie, professeure des écoles, les repère chaque année aux mêmes périodes. « Le premier trimestre est long avant les vacances de Noël. On voit au mois de janvier des enfants dont l’attention diminue. Ils sont plus distraits, oublient leurs affaires et leurs résultats baissent. »
Les parents doivent donner l’exemple
Chez l’enfant, le besoin de sommeil diminue avec l’âge. À cinq ans, un enfant doit dormir onze heures, à 9 ans, dix heures, et à l’adolescence, neuf heures. Les heures de coucher tardives peuvent dérégler les phases du sommeil et nuire à la sécrétion de l’hormone de croissance. Il est important que les enfants se couchent tôt. Les parents doivent montrer l’exemple et éviter de décaler leurs heures de coucher et de lever, car cela influe sur les rythmes de leur enfant. Les grasses matinées du week-end ne doivent pas être trop longues car l’enfant risque de se trouver déphasé le reste de la semaine.
Instaurer des rituels
Pour la docteure Tingry, on ne doit pas négliger la préparation au coucher. « Il faut éviter les consoles de jeux ou les activités violentes et instaurer des rituels calmes. » Le doudou et l’histoire en font partie. Les parents doivent annoncer le coucher à l’avance et présenter le sommeil comme un acte positif. Les troubles du sommeil ne sont pas rares chez les 5-12 ans.
Les enfants sont confrontés aux parasomnies : cauchemars, somnambulisme, somniloquie (parler en dormant), rythmies (mouvements du corps), l’énurésie (incontinence) et le bruxisme (grincement des dents). La répétition de ces parasomnies doit inciter à consulter. Parlez-en à votre médecin qui détectera une éventuelle cause médicale : allergie respiratoire, infection ORL, éruption dentaire… Il pourra également vous orienter vers un psychothérapeute si l’origine du trouble est psychologique.
Les cycles du sommeil
Le sommeil se déroule par cycles d’environ une heure trente chez l’adulte, un peu moins chez l’enfant, qui peut avoir besoin de cinq à huit cycles de sommeil, selon sa nature de dormeur. Chaque cycle se compose de plusieurs stades. À l’endormissement, le cycle débute par deux stades de sommeil lent léger. Puis vient le sommeil profond, qui permet de récupérer sur le plan physique. Le dernier stade, le sommeil paradoxal, est essentiel sur le plan psychique. Il est caractérisé par une grande activité cérébrale et onirique.